Le Cithéa, Paris

Ce lieu qui n’existe aujourd’hui que comme un café « branché » de la rue Oberkampf a été pendant quelques années le coeur vibrant d’une aventure théâtrale et pédagogique peu connue et pourtant essentielle : l’école de « Théâtre en Actes », cours de théâtre fondé par le comédien Lucien Marchal et qui a été, durant les dernières années une sorte de mini « Rue Blanche », avec stages d’interprétation et créations menées par de jeunes metteurs en scène : Christian Schiaretti est venu y enseigner à plusieurs reprises, et il y rencontra parmi les élèves de dernière année un certain Ludovic Lagarde et son camarade de promo Laurent Poitrenaux C’est dans cet environnement plutôt stimulant et entouré de gens inconnus (à cette époque) mais singulièrement doués que j’ai pu faire mes premières armes en mise en scène. Tous deux en effet sortaient de cette école quand Thierry Bedard, fit avec la bande qu’il avait réuni autour de lui, des débuts fracassants dans la mise en scène. C’était en 1989, et il avait proposé  avec la complicité du Théâtre de la Bastille, une série de rendez-vous au Cithéa justement, à la fois érudits et foutraques, des lectures et performances de tous formats (de 10 mn à 1h) autour de textes rares mettant en oeuvre des fous et des obsédés du langage : Les Pathologies verbales. Il réunit cette bande d’acteurs, la fameuse promo de Théâtre en actes notamment donc Laurent Poitrenaux et Ludovic Lagarde, mais au-delà, au fil des différentes éditions, énormément d’acteurs venus de tous horizons (Pascal Bongard, Eva Ionesco, Hélène Alexandridis, Laurence Côte…)

Le titre « Pathologie verbale » vient d’un petit opuscule de l’auteur du grand dictionnaire, Emile Littré, qui recensait des « lésions de certains mots mots dans le cours de l’usage« .

Pendant plus d’un mois, en 1990, le Théâtre de la Bastille a programmé « hors-les-murs », au Cithéa, ces impromptus et formes curieuses, autour du projet lancé par Thierry Bedard et qui a réuni, pendant quelques années, autour de son association « Notoire » une bande de jeunes metteurs en scène : Marc François, Thierry Bedard, Etienne Pommeret, et moi-même.

C’est ainsi que ma toute première création eut lieu ici, adaptée du livre « Ma mère, musicienne… » écrit par le schizophrène Louis Wolfson, et que l’interprète, tout juste sorti du Conservatoire était Patrick Pineau.  Cette création faisait partie  d’un cycle sur le corps humain et les maladies, intitulé « Vive Valeque » : cette équipée collective dans cette modeste salle de 60 places eut toute de même à l’époque les honneurs de la presse avec une pleine page dans Libé en 1989 . L’année suivante, la bande de l’Association Notoire fit partie du programme du Festival d’Automne à Paris mais là, les représentations eurent lieu au Théâtre de la Bastille

Dans les formes brèves et impromptus que je créai en 1991 au Cithéa, il y eut notamment une lecture du « Médecin de campagne » de Kafka, une petite forme de vingt minutes réunissant Pascal Bongard, Dominique Hubin et un violoncelliste sur un texte peu connu d’Antonin Artaud, Aliéner l’acteur, la lecture d’une adaptation de la thèse de médecine de Céline intitulée Semmelweis, et une petite forme sur un texte d’Eugène Savitzkaya.

 

 

Quelques autres lieux au hasard de la liste :

L’Atheneum à Dijon

La Comédie-Française

La Bibliothèque de l’Alcazar à Marseille

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