le T.N.B. Rennes

TNB, tout blanc avant les travaux de 2006-2008

Rennes, l’histoire commence pour moi en 1991 avec une invitation à diriger un stage d’interprétation pour la nouvelle école de théâtre que Christian Colin vient de fonder, le TNB est alors dirigé par Emmanuel de Véricourt.  Membre du jury au concours d’entrée, j’assiste cette année-là à un défilé de jeunes comédiens, parfois encore incertains mais surtout d’une grande maturité : Pierre Maillet, Marcial di Fonzo Bo, Frédérique Loliée, Elise Vigier, Céline Chéenne, Jean-Jacques LeVessier, etc. De fortes personnalités composent cette première « promo », inaugurale de ce que sera l’école du TNB. Cette première promotion, pour laquelle je dirige un des tout premiers stages, est celle qui deviendra, en majeure partie, la troupe des Lucioles. Je choisis deux textes aux antipodes l’un de l’autre pour faire travailler ce groupe. Un training pour faire fonctionner le groupe de la manière la plus chorale La cuisine d’Arnold Wesker, une seule scène (la fameuse scène du « coup de feu ») travaillée avec une précision musicale une heure par jour. Puis une plongée dans l’univers étrange de Peter Handke, avec un travail sur La chevauchée sur le lac de Constance. Quinze ans plus tard, c’est cette pièce de Handke qui sera montée par Pierre Maillet (Strasbourg, Douai..), souvenir de l’énigme fascinante d’un texte qui ne se laisse pas réduire à une narration chaotique et assez onirique.

Après ce stage, je retournerai une fois au cours de la même saison pour diriger une lecture de textes romanesques de Paul Auster avec cinq ou six élèves, spécialement pour la prison de femmes de Rennes. Au cours des mois suivants je suivrai le parcours de ce groupe vraiment singulier, venant tout spécialement voir des présentations d’ateliers dirigés par Didier-Georges Gabily, Matthias Langhoff et Claude Régy. Et leur décision de créer une compagnie pour rester ensemble après la fin de l’école.

En 1992, nous sommes invités par Françoise du Chaxel à présenter dans le cadre du Festival Duos la création d’Espaces Blancs, texte de Paul Auster que je dis en compagnie du danseur Bertrand Lombard; Quelques images sont visibles dans les archives du TNB 

1995, je me retrouve à Rennes mais dans les studios du Centre chorégraphique national, Catherine Diverrès me demande de l’assister pour sa création de Fruits, répété à Rennes et créé à Montpellier, dans le cadre du Festival Montpellier-Danse. Au cours de ces périodes de répétitions, je retrouve les anciens de l’école, devenus « Les Lucioles »

1997, les spectacles du Cabaret Lucioles sont invité en tournée au TNB, et Marcial di Fonzo Bo interprète le solo « A propos de Rose Minarsky » que j’ai créé pour lui.

En cette décennie des années 90, Rennes est le coeur battant du théâtre en France. On y croise Bruno Tackels, encore enseignant à l’Université, Gabily qui écrit et dirige ses ateliers, ensuite André Markowicz s’installe dans cette ville, l’activité du TNB ( François Le Pillouër prend la direction du lieu, Matthias Langhoff y crée régulièrement ses spectacles), celle de Catherine Diverrès au CCN, les troupes qui se développent, le début des Dromesko avec leur volière… en font  une ville à part, créative, audacieuse, vivante.

 

Aujourd’hui, tout noir depuis la réouverture de 2008

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