TGP Saint-Denis

De nombreux souvenirs de répétitions et de beaux spectacles vus sont attachés au Centre dramatique national de Saint-Denis, autrement dit le TGP / Théâtre Gérard-Philipe.

Un magnifique spectacle de danse indienne Kathakali, fin des années 70, dans le cadre du Festival d’automne

Première période de travail avec une création de Maeterlinck comme assistant de Claude Régy, en 1985. : Intérieur. A cette période, le directeur était René Gonzalès. 

La surface de la scène prolongée, presque doublée devant le cadre de scène, un sol en sable ratissé à la façon des jardins zen. Un enfant endormi au milieu, du début à la fin du spectacle. Et la maison, dans laquelle ca se dérouler le drame (l’annonce de la mort d’une jeune fille qui s’est noyée, annonce faite par un vieillard et un étranger qui retardent par crainte le moment de franchir le seuil ) la maison n’est pas représentée du tout :  ni façade, ni meubles, rien. Un formidable culot de non-respect des didascalies d’auteur, car tous les détails de cet « intérieur » et des actions des personnages (ouvrir une fenêtre, s’asseoir dans un fauteuil, fumer la pipe, etc.) étaient minutieusement décrits tout au long de la pièce, et le passage par l’abstraction a opéré un formidable « décapage » de la langue et de l’univers de Maetrelinck. La déambulation lente des acteurs, vingt minutes d’errance en silence avant la première réplique, annonçait un théâtre ouvert sur une autre dimension, qui cesse d’être le relevé de comportements et de dialogues en analogie avec le monde concret, une ouverture presque abstraite ou chorégraphique d’une intensité émotionnelle exceptionnelle.

Et c’est pour moi, comme pour beaucoup de spectateurs ensuite, la découverte de cet auteur absolument méconnu et plutôt déprécié à cette époque. (Qui pourrait citer une mise en scène connue d’une pièce de Maeterlinck dans les quinze années qui précédèrent ce spectacle, qu’on peut qualifier d’inaugural ? Intérieur cette année-là, marque bien l’ouverture d’une période de réhabilitation de l’univers mystérieux du poète belge)

Lien : Dossier de dramaturgie du spectacle, réalisé par Armando Llamas

 

Ce spectacle a été repris au TNS, et pour l’occasion, tout les fauteuils d’orchestre de ce théâtre à l’italienne avaient été recouverts d’un plancher, monté dans le prolongement du plateau et ensuite recouvert de sable. Les acteurs évoluaient de façon incroyable de part et d’autre du cadre de scène. Lequel cadre de scène, comme à Saint-Denis, était la seule matérialisation de cet « Intérieur » décrit avec un tel luxe de détails par Maeterlinck. Le spectacle n’était visible que depuis la corbeille.

 

Deuxième temps de travail à Saint Denis, la création de La passion selon G.H. d’après Clarice Lispector, la première mise en scène que j’ai réalisée avec ma compagnie « Einstein Café ».

Nelly Borgeaud, seule en scène était la G.H. du roman brésilien.

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